2026-06-25/AS

Il y a 82 ans jour pour jour, la ville de Frontignan vivait l’un des épisodes les plus tragiques de son histoire. Ce dimanche 25 juin 1944, vers 10 heures, un bruit sourd résonne dans le ciel. Les habitants lèvent les yeux : une formation de B-24 de la 15th USAAF, commandée par James A. Mollison, survole la région. Pour certains témoins de l’époque, le spectacle des avions en formation évoque « un vol de pigeons, d’une beauté éphémère ». Mais l’illusion est de courte durée.
L’enfer s’abat sur la ville
La mission des Alliés ? Bombarder les installations pétrolières situées à proximité de Frontignan. Si la première vague de bombardiers atteint sa cible, la seconde, quelques minutes plus tard, dévie tragiquement de sa trajectoire. Les bombes s’abattent alors sur les bas quartiers de la ville et la place Jean-Jaurès. Le bilan est lourd : 39 victimes civiles, dont 3 enfants, et 350 personnes sans abri. Les décombres et les vies brisées marquent à jamais la mémoire collective.
Un devoir de mémoire toujours vivant
Chaque année, au square du 25 juin 1944 (avenue Jean-Moulin), la municipalité, porte-drapeaux, aux côtés de l’association Culture Avenir et Tradition et du Souvenir Français, perpétue le souvenir de cette journée noire. La cérémonie, solennelle, s’ouvre par le traditionnel dépôt de gerbes de la part des autorités locales et des associations. Puis vient l’hommage le plus poignant : les écoliers de l’école Sainte-Thérèse, lisant à haute voix le nom de chaque victime, déposent un œillet blanc au pied de la stèle. Un geste simple, mais chargé d’émotion.

« N’oublions jamais »
Michel Arrouy, maire de Frontignan-la-Peyrade, a rappelé l’importance du devoir de mémoire lors de son discours.
« Mesdames et messieurs, nous devons ce souvenir à ceux qui nous ont précédés, à celles et ceux qui ont péri, à celles et ceux qui ont affronté avec courage et dignité les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. À partir du 22 mars 1941, notre ville a été administrée par un maire nommé par le régime de Vichy. Puis, en novembre 1942, l’occupant allemand s’est installé sur notre territoire. Frontignan, comme toute la France, a alors basculé dans une période de terreur et d’oppression. Mais Frontignan a aussi résisté. Dans l’ombre, des femmes et des hommes se sont battus, refusant la soumission. Parmi eux, les 67 jeunes frontignanais engagés en 1944 au sein du 81e Régiment d’Infanterie. Leur sacrifice nous oblige. Rappelons-nous : la guerre arrache tout. Restons unis pour préserver la paix, la République, la France, et Frontignan-la-Peyrade. »
Au-delà de la commémoration, cette journée est un rappel : la paix est fragile, la liberté se défend.
Et à Frontignan, on ne l’oublie pas.